La dénonciation de la colonisation française en Algérie n’est pas la dénonciation de la France

La colonisation française en Algérie aurait pu ne pas exister, ou être différente. La décolonisation de l'Algérie aurait pu être différente. Mais voilà : l'une et l'autre ont eu lieu, et c'est la violence, ce sont les violences qui ont dominé pendant plus d'un siècle, et plus encore, à la fin. Le fait qu'un Président de la République de 2012 soit capable de mettre des mots précis et justifiés sur cette Histoire de part en part tragique est heureux. Mais évidemment, les héritiers et les admirateurs de ce système colonial sont ulcérés. Et évidemment, ils essaient de tromper, en prétendant qu'il s'agit d'une "repentance de la France". Or il n'y a pas de telle repentance pour la bonne et simple raison que l'immense majorité des citoyens français de cette époque, comme d'aujourd'hui, n'ont aucun rapport avec cette "colonisation". Et comme il n'y a aucune raison d'être "solidaire" d'un système criminel, parce que celui-ci a été installé et dirigé par des Français, il n'y a aucune raison d'être concerné aujourd'hui par une supposée culpabilité pour laquelle les Français feraient repentance. Ici comme là-bas, Algériens comme Français, la majorité civique fut victime de la violence d'Etat, du régime de Louis Philippe, de Napoléon III, de la III ème République dont des hérauts comme Clémenceau dénonçait l'engagement colonial. Les successeurs des Seigneurs du Moyen-Age ont fait autant souffrir les citoyens de France que ceux d'Algérie. Et, hélas, ils ont trouvé des collaborateurs, comme ils en trouveront pendant l'Occupation. Et ce que les Français ont subi et connu pendant celle-ci leur a fait apprendre ce que les Algériens ont vécu et subi pendant une centaine d'années. Car, comme il y eut de bons soldats allemands, de bons officiers, il y eut de bons Français qui, en Algérie, ont su vivre et apprendre à vivre avec les Algériens, à les connaître, à les aimer comme d'en être aimés. Et puis il y eut les autres : les méprisants, les haineux, les exploiteurs, les profiteurs. Et aujourd'hui comme avant, ce sont les mêmes qui posent problème. François Hollande a eu le courage d'avoir des mots, simples, clairs, mais terribles pour ces héritiers des colons. Et il a eu raison. Parce qu'il faut construire une nouvelle amitié des peuples sur la connaissance de l'Histoire, sur la reconnaissance des erreurs et des fautes DE CERTAINS, sur le fait que nous n'avons à avoir aucune solidarité avec ceux-ci, parce qu'ils étaient, sont, de la même nationalité que nous. La fraternité n'est pas une affaire de nationalité, d'identité ethnique. 

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