La principale critique de votre ouvrage porte sur la destruction massive de postes dans l’Education nationale. Cette dernière aurait-elle dû être exclue de la RGPP (révision générale des politiques publiques)?
Oui, bien sûr. En 2007, j’ai d’ailleurs écrit une lettre manuscrite à Nicolas Sarkozy le conjurant de sanctuariser l’école. Il a suivi ce sage conseil pour l’enseignement supérieur, mais pas pour l’enseignement scolaire. Cette politique à la hache a abouti à la destruction de 160.000 contrats ou postes depuis 2002. Les enseignants n'ont pas été les seuls touchés, car de nombreux emplois de conseillers d'éducation, d'infirmiers scolaires, d'assistantes sociales, d'auxiliaires de vie scolaire ont également été supprimés. Une vraie politique de la terre brulée qui sacrifie l'avenir de nos enfants !
Mais comment réduire le déficit public si l’on ne met pas à contribution le ministère qui représente le plus gros budget de l’Etat?
Quand j’étais ministre de l’Education en 1992, notre pays traversait une période de récession. Malgré un plan de rigueur, le gouvernement de l’époque avait épargné l’Education nationale et la recherche. Car gouverner, c’est choisir. Nicolas Sarkozy a quant à lui, préféré procéder à des exonérations fiscales massives et baisser la TVA dans la restauration, qu’investir pour l’avenir, en préservant l’éducation.
Vous dénoncez des «années d’improvisations, de mensonges, de mesures inefficaces et parfois dangereuses», aucune réforme de Darcos et Chatel n’a-t-elle trouvé grâce à vos yeux?
via www.20minutes.fr