Faux procès : DSK jugé pour « vol des valeurs de gauche » | Rue89

Grosse actualité judiciaire, ce lundi 2 mai à Paris, avec la tenue de trois procès à tonalité politique : Clearstream, Colonna et Dominique Strauss-Kahn. Même si certains voient des mascarades dans les deux premiers, seul le dernier est une fiction, orchestrée par les auditeurs de « Là-bas si j'y suis », les amis de Fakir et des émules du philosophe Jean-Baptiste Botul.

DSK comparaissait pour, entre autres :

  • « vol et usurpation de valeurs de gauche,
  • privatisation à outrance,
  • appauvrissement avec préméditation des peuples grec et portugais avec prêts inappropriés »…

L'audience, prévue en soirée au théâtre Dejazet, a attiré près de 300 personnes pendant plus de trois heures. Une petite partie s'est évadée à l'entracte, tant les débats étaient longs et l'équilibre entre humour et sérieux parfois difficile à atteindre.

Mais ce « tribunal des condamnés d'avance », déjà responsable depuis 2003 des jugements de Jacques Chirac, Nicolas Sarkozy, Bernard-Henri Lévy et Bernard Kouchner, a tout de même des mérites.

Rappeler quelques faits négligés n'en est pas le moindre, notamment le rôle de DSK dans le Cercle de l'industrie, qu'il a cofondé, et qui lui permet depuis presque vingt ans de maintenir des liens avec les patrons du CAC 40. Beaucoup d'anecdotes tirées d'un livre ancien, « Les Vies cachées de DSK » (paru au Seuil en 2000) viennent éclairer le presque-futur candidat à la candidature socialiste d'un jour peu exploré aujourd'hui.

« DSK n'est pas né avec une cuillère en argent dans la bouche »

Reste que face à un président du tribunal (Daniel Mermet), un procureur (Gérard Mordillat), un procureur stagiaire (François Ruffin) et des témoins classés « à la gauche de la gauche » (Gérard Filoche, Frédéric Lordon…) ou à la plume acerbe (Frédéric Pagès, Odile Conseil…), le directeur général du FMI n'est pas facile à défendre.

A la demande de la direction de France Inter, un proche de DSK devait assurer sa défense. Contactés, Jean-Christophe Cambadélis et Olivier Ferrand ont décliné.

C'est donc un économiste proche du socialiste, Jean-Marc Daniel, qui a enfilé une robe d'avocat et plaidé auprès d'un véritable plaideur, Me Christophe Clerc, qui n'est pas un strauss-kahnien mais un authentique membre du noyau dur botulien (NoDuBo). Les défenseurs s'en sont plutôt bien sortis.

via www.rue89.com

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