En Malaisie, la lutte gronde sur les terres rares – Libération

A l’extrémité de la zone industrielle hérissée de cheminées d’usines pétrochimiques, des pick-up, minibus et motos soulèvent la poussière qu’un camion arroseur s’obstine à vouloir maintenir au sol. C’est l’heure du changement d’équipe sur le chantier, où l’agitation tranche avec la nonchalance des villages de pêcheurs des environs.

Côte est de la Malaisie, à 30 km de Kuantan : la construction de l’usine australienne de production de terres rares Lynas se poursuit, sous la pression de ses opposants. C’est sur ce site que doit être raffiné, à partir de septembre, le minerai extrait de du site australien de Mount Weld, au moyen de bains d’acide, de lessivages et de cuissons au four. Un traitement de choc pour isoler les 15 éléments métalliques de la famille des lanthanides, et deux autres aux propriétés similaires, que l’on nomme «terres rares». Des métaux utilisés dans la haute technologie, pour la fabrication des aimants qui équipent les éoliennes et les voitures hybrides, les téléphones portables ou encore les tablettes tactiles. Et dont la valeur ne cesse d’augmenter. Surtout depuis que la Chine (90% de la production mondiale) a accéléré, à l’été 2010, la réduction de ses exportations, invoquant, officiellement, l’argument environnemental…

Pêcheurs. Car la séparation des terres rares, concentrées dans le minerai brut, s’avère polluante. L’opération nécessite une grande quantité d’acide, potentiellement dangereux pour les eaux souterraines. Mais la crainte des Malaisiens se cristallise sur le thorium, élément faiblement radioactif présent dans le minerai, et qui inquiète une partie des 500 000 habitants de Kuantan. Sous la bannière «Save Malaysians, stop Lynas», les contestataires ont contraint le gouvernement à commander, fin avril, une enquête d’experts internationaux sur les risques sanitaires et environnementaux d’un tel projet. Pour Ismael, l’un des pêcheurs à la ligne qui investissent les berges de la rivière Kuantan le soir venu, «Lynas veut [leur] abandonner ses déchets radioactifs et exporter vers les pays riches ce qui a de la valeur».

C’est la publication dans un journal local, début mars, d’extraits d’un article du New York Times sur l’usine qui a lancé la mobilisation. Depuis, la catastrophe de Fukushima a joué le rôle de catalyseur. Les opposants évoquent aussi Bukit Merah, une ancienne usine de traitement de terres rares sur la côte ouest de la péninsule. La dépollution s’y poursuit en pleine discussion sur la responsabilité de la radioactivité dans des cas de leucémie et de malformations natales chez les riverains.

Pour calmer les esprits,

via www.liberation.fr

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