Yann Barthès, ensuite, reçoit Joseph Macé-Scaron. Barthès: "Qu'est-ce qui me prouve que vous êtes bien le vrai Joseph Macé-Scaron. Les tatouages, c'est du vrai ?" Re-rires. Rafale de questions. Recette Barthès: trois tiers de rigolade, un tiers de compassion. Résultat, quelque chose comme: "Comment fait-on pour pomper ?" "Comment on ressort personnellement d'une affaire comme ça ?" Quelle poilade, cette affaire de plagiat ! Imperceptible anxiété, tout de même, dans l'oeil du directeur adjoint de Marianne. Et si un piège allait venir, malgré tout ? Oui, même là, même à Canal+, entre soi, on ne sait jamais quel coup de griffe inattendu, accidentel, peut lancer la société du spectacle. La même anxiété que je sentais dans son oeil, quand je l'interrogeais sur le plateau, avant la révélation de "l'affaire". Il guettait le piège. Mais il n'y avait aucun piège. On l'avait invité parce qu'on aimait son livre. A l'époque.
Etrange machine, que ce Grand Journal, que l'on retrouve avec une vague stupeur, après un été au premier degré. Macé-Scaron et Barthès s'ébrouent dans une principauté, une zone de non-droit, constituée de l'émission elle-même, et de tous les médias auxquels appartiennent les chroniqueurs et invités réguliers, c'est à dire…presque tous. Un univers doté de ses règles propres de transgression, de sanction, d'absolution. Impunité ? Pas vraiment. L'impunité, contrepoint des sanctions réelles, c'est bon pour ces lourdauds de l'extérieur, de la vraie vie. Dans le cercle magique, on s'invite, on se charrie, et on sort réhabilité. La moquerie est la seule sanction. Une fois blanchi, c'est reparti pour un tour, votre carte de séjour est renouvelée. Avantage de l'écosystème: plus aucun besoin d'aller sérieusement rendre des comptes dans le monde extérieur. A quoi bon ? Pour qui ?
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