Ai Weiwei: Pékin, un «cauchemar permanent» | Next

L'opposant chinois est sortie de son silence, depuis sa libération, le 22 juin. Selon lui, Pékin est une capitale kafkaïenne, un «cauchemar permanent» qui broie les pauvres et aliène ses habitants, les privant de leurs droits fondamentaux, dénonce l’artiste chinois Ai Weiwei dans un texte susceptible de lui attirer à nouveau les foudres du régime communiste. «C’est une ville de violence» dans laquelle «vous devenez comme fou», écrit Ai, récemment détenu au secret pendant trois mois, dans cette tribune publiée par le magazine américain Newsweek.

«Pékin est constituée de deux villes. L’une est formée de pouvoir et d’argent. Des gens qui se fichent de leurs voisins; qui ne vous font pas confiance. L’autre ville est celle du désespoir. Je vois des gens dans les autobus et je ne vois aucun espoir dans leurs yeux», confie Ai Weiwei. «Chaque année des millions (de migrants) affluent à Pékin pour y construire ses ponts, ses routes, ses habitations. Chaque année ils édifient à Pékin une surface équivalente à la ville en 1949. Ce sont les esclaves de Pékin. Ils squattent dans des structures illégales, que Pékin détruit au fur et à mesure de son avancée».

Dans cette capitale «en perpétuel changement», où toute mémoire est effacée et où il devient impossible de se raccrocher à quelque chose, les responsables «nous privent des droits fondamentaux», constate le plasticien, devenu la bête noire des autorités pour avoir trop souvent tenu ce genre de propos. A Pékin «vous verrez les écoles de migrants que l’on ferme. Vous verrez les hôpitaux où l’on pose des points de suture à des patients, à qui on les retire aussitôt en se rendant compte qu’ils n’ont pas d’argent», écrit Ai Weiwei.

Lui-même a été détenu au secret de début avril à fin juin, ce qui a soulevé une vague d’indignation à travers le monde. Il vit depuis sous surveillance, sans pouvoir quitter Pékin. Dans Newsweek, il évoque l’«épreuve» subie. «Il y a beaucoup d’endroits cachés où ils mettent les personnes sans identité. Sans nom, seulement un numéro». «Seule votre famille hurle que vous êtes manquant. Mais vous n’obtiendrez aucune réponse des communautés de quartier ou des responsables ou même, aux niveaux plus élevés, du tribunal, de la police ou encore du président».

Les autorités chinoises ont affirmé qu’Ai Weiwei avait été libéré sous caution après avoir «confessé» des infractions d’évasion fiscale. Son arrestation est intervenue dans le contexte d’une répression majeure lancée en février par Pékin contre les dissidents et les militants des droits de l’Homme.

via next.liberation.fr

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