Un peuple de gauche mobilisé – Libération

Canal Saint-Martin, dans le Xe arrondissement de Paris. Un des quartiers les plus bobos de la capitale. Ici, Ségolène Royal a recueilli près de 65% des suffrages à l’élection présidentielle de 2007. Fin d’après-midi ensoleillé, les terrasses sont pleines, les verres se vident, la marinière est à l’honneur.

François et Thomas, jeunes trentenaires, dissertent sur un volumineux roman américain. L’un est attaché de presse, l’autre journaliste littéraire, et tous les deux se disent de gauche. Leurs valeurs sont en priorité «le partage des richesses», pour François, et «un certain humanisme», pour Thomas. Sans croire à une rupture radicale, ce dernier espère qu’un retour de la gauche aux affaires se traduira par «une politique à hauteur d’homme», une «légalisation du mariage homosexuel»,«plus de crédits pour la culture» et un changement de politique d’immigration. Même s’il confesse des sympathies vertes, Thomas votera socialiste dès le premier tour. Peu importe le candidat. «Mon souci, c’est que le PS gagne. Aubry ou Hollande, ça change pas grand-chose. Je n’attends pas un messie», explicite-t-il. Lui aussi se dit agacé par cet incessant «jeu des petites phrases» qui «éclipse le débat» et donne l’impression que la vie politique ressemble à «un feuilleton rigolo à suivre». François se dit même «dégoûté» par un «pouvoir qui rend fou, quelles que soient les assemblées». Au point qu’il a cessé d’aller voter. A ses yeux, l’affaire DSK ne fait que s’ajouter à une liste infinie de scandales. Malgré cette défiance, il se définit comme «un grand dévoreur d’actu politique» et s’avoue séduit par Arnaud Montebourg ou François Hollande, qu’il juge «sincères dans leur démarche.Parfois, ça me redonne même l’envie d’y aller…»

Martin, lui, votera. A 18 ans, cet étudiant en art croit en la politique et croit en la gauche. Il «attend un changement» et souhaite «un capitalisme modéré et contrôlé, plus tourné vers les gens que vers le profit. Dans le système actuel, l’argent prend trop de place, il y a trop de concurrence, trop d’individualisme, pas assez de partage.» Pourtant, ce nouvel électeur s’estime déjà «déçu» par un PS qui «sonne faux au niveau de la com».«Quand on voit Aubry et Royal, c’est le summum de la démagogie, à tout le temps répéter que l’UMP c’est des méchants.» «Il faut se poser des questions, ne pas rester dans la politique politicienne !» Son favori, c’était DSK, «un économiste, quelqu’un de très bon». Du coup il pourrait se tourner vers les «Verts ou le PCF. C’est plus symbolique. Au deuxième tour, on verra…»

Ora et Zelik n’attendront pas cette échéance. Ce couple d’octogénaires, aux allures de jouvenceaux, artistes contemporains, compte «bien sûr» participer à la primaire. Leurs voix iront à «celui qui a le plus de chances de passer» car, pour Zelik,

via www.liberation.fr

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