Tueries d’Oslo : selon que vous serez, ou non, « islamiste »… – Acrimed | Action Critique Médias

Qu’importe à Laurent Joffrin si Anders Behring Breivik lui-même se réfère, dans son manifeste de 1500 pages, à des idéologues de la droite néo-conservatrice états-unienne, mais aussi à Oriana Fallacci, et surtout à Alain Finkielkraut et Frédéric Encel [7]. Un fanatique peut, certes, s’emparer de n’importe quel discours et le mettre à son service, sans que son auteur soit responsable d’actes de terreur commis en son nom. Mais ces références n’auraient-elles pas dû refréner les ardeurs de Laurent Joffrin dans son entreprise de construction d’une frontière étanche entre Anders Behring, quelques forums d’extrême-droite et le reste du spectre politique et intellectuel ? On a connu Laurent Joffrin moins timide, comme par exemple lorsqu’il a fait publier en mars dernier, dans le Nouvel Obs qu’il dirige, un article d’Ariane Chemin pointant celles et ceux qui « décontaminent la pensée du FN ». Éric Zemmour, Élisabeth Lévy, Philippe Cohen… y étaient accusés de « brouille[r] les repères et les pistes » : « En focalisant le débat sur leurs thèmes fétiches – l’identité française, l’État, l’Islam – ils ont irrigué le champ politique qui court de Sarkozy à la candidate d’extrême-droite ». Serait-ce trop demander à Laurent Joffrin que de s’interroger sur l’hypothèse que certain-e-s idéologues aient pu « irriguer » le cerveau du tueur d’Oslo, a fortiori lorsque ce dernier les cite ? [8]

Identifier d’improbables responsables

Certains sont allés encore un peu plus loin, en opérant un renversant changement de perspective.

Nous avions déjà mentionné, dans notre précédent article, ce reportage de TF1 dans lequel on apprenait que les « tensions » générées par les « populations immigrées » et les « musulmans » en Norvège faisaient « le terreau de l’extrême-droite et des intégrismes religieux chrétiens ou musulmans ». À défaut d’être coupables, les musulmans étaient ainsi indirectement responsables des attentats.

C’est ce que confirme Christophe Barbier dans son éditorial vidéo du 26 juillet [9] : « Il y a un fondamentalisme chrétien, blanc, nationaliste, protecteur d’une pseudo-identité qu’il s’agirait de préserver dans sa pureté. Ce problème-là, il est chez nous, il est devant nous, aussi grave que l’islamisme ». Barbier semble faire figure d’exception : il met sur le même plan le « fondamentalisme chrétien » et « l’islamisme ». Mais avec la suite, ça se complique : « Le danger n’est pas seulement venu de l’extérieur, il est aussi dans les réactions, les anticorps, comme on pourrait dire, que l’on produit face à ce danger, et qui sont eux aussi un poison pour nos démocraties ». Vous avez bien lu : le « fondamentalisme chrétien » du tueur d’Oslo est une « réaction » face au « danger » islamiste. Pas besoin de long discours, seulement d’une question dont la réponse nous semble évidente : Christophe Barbier et ses confrères éditocrates ont-ils un jour expliqué que le terrorisme islamiste était une « réaction » à un « danger venu de l’extérieur », rendant ainsi responsables des attentats perpétrés par des intégristes musulmans d’autres que les intégristes eux-mêmes ?

Mais la palme dans ce domaine revient, un

via www.acrimed.org

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