La riposte de l'administration Obama a été cinglante. "La taille de cette erreur, et la rapidité avec laquelle S&P a changé sa justification principale quand on lui a présenté cette erreur, soulèvent des questions fondamentales sur la crédibilité et l'intégrité de la décision prise par S&P sur cette note", écrit John Bellows, l'un des responsables du Trésor américain, sur le blog officiel du ministère.
"S&P a reconnu cette erreur", a rapporté M. Bellows, mais "n'a pas estimé qu'une méprise de cette ampleur suffisait pour justifier de réexaminer son jugement, ou même de se donner un jour supplémentaire pour réévaluer soigneusement l'analyse". Une rencontre avait eu lieu vendredi matin entre des représentants du Trésor et des membres de Standard & Poor's, après une présentation en avant-première des conclusions de l'agence de notation.
Selon des sources gouvernementales, dans une première version de son communiqué Standard and Poor's évoquait d'abord les projections de déficit budgétaire et de dette publique. La version finale commence en revanche par les "risques politiques", et renvoie ces chiffres en fin de communiqué. Pour le Washington Post, la dégradation est donc "autant une critique politique qu'une conclusion financière". Un point de vue contesté par l'agence de notation, qui juge que plusieurs critères, dont les perspectives sur l'évolution à long terme des taux d'emprunt, justifient pleinement la dégradation de la note américaine.
via www.lemonde.fr