Sarkozy à la télé : contrevérités, esbroufe et fautes de goût | Rue89

Lors de son intervention télévisée, mardi soir, le Président s'est voulu rigoureux. « Oui ou non », répétait-il à l'endroit des journalistes, pour marquer son souci de précision. Pourtant, ses affirmations ne sont pas toutes incontestables. Certaines sont fausses, d'autres sont déplacées. Revue de détail.

1 L'ISF : approximations sur l'Allemagne

Nicolas Sarkozy a confirmé sa volonté de supprimer le bouclier fiscal et l'ISF, en parallèle de la création d'un nouvel impôt sur le patrimoine (qui taxe revenus et plus-values). Pour se justifier, il explique :

« Comme nous sommes l'un à côté de l'autre, beaucoup de capitaux partent vers l'Allemagne. »

Puis :

« Je ne veux plus de délocalisations. J'en ai assez que le capital et les usines partent de l'autre côté. »

La suppression de l'ISF peut s'expliquer par une volonté de faire revenir des exilés fiscaux, partis en Belgique ou en Suisse -ce, où le bouclier fiscal a échoué. Mais cet impôt sur les personnes physiques n'a pas d'impact direct sur les « délocalisations » d'entreprises. Par ailleurs, quand les grands patrimoines décident de s'exiler, ce n'est pas vers l'Allemagne, où l'imposition est contraignante. Loin d'être un paradis fiscal.

Ce mercredi matin, sur France Info, Jérôme Cahuzac, président de la commission des finances, relevait d'autres approximations. Mardi, Nicolas Sarkozy a affirmé :

« L'Allemagne avait un bouclier fiscal. Quand elle a supprimé son ISF, elle a supprimé son bouclier fiscal. »

Ce qui est faux. Selon Cahuzac, ce n'est pas la première fois que le Président se trompe sur ce point :

« Il nous avait déjà expliqué que la France devait garder le bouclier fiscal parce que les Allemands en avaient un. »

D'autre part, ce ne sont pas les socialistes allemands, contrairement à ce qu'a dit le Président, qui ont supprimé l'ISF, mais le conservateur Helmut Kohl, au milieu des années 90.

Cahuzac juge enfin que la suppression du bouclier fiscal -qui a coûté 700 millions d'euros en 2010 à l'Etat- ne comblera pas le manque à gagner des revenus générés pas l'ISF de 4 milliards d'euros :

« La piste que le Président évoque ne comblera pas la différence. La réforme [fiscale, ndlr] sera financée par l'emprunt. »

2 Birmanie : une vantardise mal placée

Au téléphone, la responsable d'une organisation de défense des droits de l'homme, manque d'étouffer de rire lorsqu'on lui rapporte les propos de Nicolas Sarkozy, mardi soir, sur son rôle personnel dans la libération de l'opposa

via www.rue89.com

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