Pourquoi le Front National et Mme Le Pen n’ont rien à dire contre la spéculation franco-étrangère de l’immobilier à Paris, Bayou, Duflot et Legrand contre l’échec du « tous propriétaires » | Eco89

31 000 euros. C'est le prix record au mètre carré d'une future résidence de luxe à Paris, sur le site de l'ancien hôpital Laënnec. A ce prix, bien évidemment, la grande majorité des ménages français n'y auront jamais accès.

Alors qu'il manque près d'un million de logements en France, le contraste est frappant. Comment un programme immobilier peut-il être autant en décalage avec les besoins des millions de personnes touchées par la crise du logement ? Voilà où nous mène le mirage du « tous propriétaires ».

C'est en 2007 que Nicolas Sarkozy réactive ce vieux marqueur idéologique de la droite, digne du meilleur syllogisme électoral. Puisque les Français sont très mal logés et redoutent légitimement des lendemains difficiles, proposons-leur de tous devenir propriétaires, quel qu'en soit le prix ! Le candidat Sarkozy proposait même d'instituer des subprimes à la française, riche idée !

Le « tous propriétaires » appartient à une logique ultra libérale et, à l'exemple du « travailler plus pour gagner plus », renverse la charge du logement sur l'individu uniquement – à lui de s'endetter, de travailler plus, de se chauffer moins pour faire des économies. Face à l'explosion des prix immobiliers, les ménages qui peuvent encore suivre le font au prix d'importants sacrifices et d'un surendettement généralisé.

La propriété, un non-sens économique

Mythe libéral, la propriété pour tous est pourtant un non-sens économique, bien peu en phase avec les besoins de notre époque. Pourquoi s'endetter à vie pour un logement que l'on est souvent amené à quitter pour répondre aux exigences de mobilité des carrières d'aujourd'hui ?

Plus, les bulles immobilières absorbent massivement l'épargne des ménages dans des investissements faiblement productifs et peu innovants, la détournant pour longtemps d'autres investissements plus judicieux sur le plan économique. La rente immobilière constitue en effet un poids mort pour l'économie.

Pire, la propriété comme objet central de l'action publique est devenue le leurre d'un système inégalitaire, socialement injuste. Déjà en 2006, avant la crise, les 10% les plus riches possédaient plus de 50% du parc immobilier, quand les 50% les plus pauvres n'en détenaient pas 10%.

Fondée sur le mythe de la pierre comme immuable investissement, au fondement d'une bulle spéculative en voie d'éclatement, l'accession à la propriété risque au bout du compte de se transformer en piège pour de nombreux propriétaires en difficultés. Incapables de payer des charges exponentielles et de revendre leur bien pour profiter d'un illusoire parcours résidentiel, certains se retrouvent comme « enfermés » dans leur propre logement. En témoigne la multiplication des copropriétés dégradées, qui représente aujourd'hui une véritable bombe à retardement pour leurs millions d'habitants.

Contre l'impossible « tous propriétaires », le « tous habitants »

via eco.rue89.com

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