Printemps arabe oblige, les prix du pétrole atteignaient en avril un record historique. Hausse qui avait conduit Christophe de Margerie, le PDG de Total, à affirmer que « le super à 2 euros le litre est inéluctable » dans une interview au Parisien.fr. Début mai, les cours internationaux du baril de brut repartent à la baisse. Deux semaines plus tard, l'automobiliste peine à voir le recul du cours international du baril de brut sur les prix affichés à la station servie.
Un rapport publié en mai par la Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes accuse les pétroliers d'avoir profité de ce reflux du cours de l'or noir pour restaurer leurs marges brutes.
Alors qu'en avril dernier, Bercy refusait catégoriquement d'appliquer la proposition du PS sur le plafonnement du prix de l'essence à la pompe, Christine Lagarde annonçait dimanche 29 mai sur Europe 1 des sanctions pour les distributeurs. La ministre s'est gardée pour l'instant d'annoncer toute mesure concrète, et le plafonnement des prix n'a pas été évoqué. (Voir la vidéo)
Le débat fait rage depuis le début du mois au Québec, où le gouvernement a fini par refuser l'imposition d'un prix règlementaire. En France, le débat reste ouvert.
POUR
- La hausse du prix du pétrole pèse sur le pouvoir d'achat des Français, via les factures de transport et de chauffage, mais aussi à cause de l'augmentation des prix des biens de consommation.. Les ménages modestes ne peuvent plus faire face à l'explosion de leur facture énergétique. « Nous demandons […] que le gouvernement prenne vraiment la mesure de l'urgence sociale, en luttant effectivement contre la précarité énergétique avec une tarification progressive », avait indiqué David Assouline en avril, lors du point presse hebdomadaire du PS.
- L'association de consommateurs CLCV, qui demandait début juin au gouvernement d'instaurer « un plafonnement des prix des carburants à la pompe », rappelle que l'essence est une « dépense contrainte pour une majorité de consommateurs obligés d'utiliser leur véhicule pour aller travailler ».
- 65% du prix des carburants est constitué de taxes. Toujours selon la CLCV, il est du devoir de l'Etat de moduler le poids de ces taxes (TIPP et TVA), comme l'on fait d'autres pays européens, pour alléger les dépenses du consommateur.
via www.rue89.com