Montebourg: «Je défends la naissance d’un nouveau socialisme parce que…» – Libération

Vous publiez ce livre à un mois du dépôt officiel des candidatures. Est-ce pour relancer votre campagne ?

Je ne suis pas écrivain, je suis un acteur politique. Mon livre est un outil de campagne. Les médias ont le nez sur les sondages, mais les Français se cherchent un avenir, le chemin qu’ils veulent donner à notre pays et la place qu’ils y trouveront. Le débat de la primaire doit être un débat d’orientation. Les derniers événements liés à la crise réclament un renouvellement profond de nos choix. La preuve en est ce qui se passe en Espagne (lire pages 4 à 6) où les socialistes qui accompagnent les marchés sont considérés comme étant inutiles ou identiques à la droite.

Ce que vous appelez le «socialisme d’accompagnement» et que vous combattez…

Je défends la naissance d’un nouveau socialisme parce que la crise est en train de mettre au pas les peuples. Le socialisme de l’ajustement, c’est le socialisme qui conduit à ce qu’on soutienne Christine Lagarde au FMI, c’est-à-dire que sur les orientations politiques, il n’y a pas de différence entre la droite et la gauche européennes, qui sont favorables à sa candidature. Le FMI de Christine Lagarde c’est le même que le FMI de Dominique Strauss-Kahn, c’est une machine qui se retourne contre les peuples. Préférer les banques aux peuples est une faute politique majeure pour un socialiste.

Qu’est-ce qui vous différencie des autres ?

Les candidatures de François Hollande et de Martine Aubry sont parfaitement légitimes, parfaitement logiques et parfaitement identiques. Elles sont solubles dans la mondialisation. Elles ne remettent pas en cause le système. Ce sont des gestionnaires du moindre mal. Ce qui est en train de se passer – la montée du rejet du politique – a un rapport direct avec le fait que les dirigeants, y compris de gauche, ont théorisé leur propre impuissance.

François Hollande dit qu’il veut être un président «normal». Et vous ?

Un président de réconciliation des Français, un président créatif, innovant et mettant au pouvoir tous ceux qui inventent la nouvelle France. Il faut bâtir la France du XXIe siècle avec les idées qui sont en train de naître dans la société.

Comment êtes-vous arrivé à l’idée que la démondialisation devait être votre axe de campagne, voire celui de la présidentielle ?

C’est une conscience ancienne, des idées qui ont été réveillées plus fortement par la crise de 2008-2009. Il n’y a pas de sortie de crise possible sans renaissance de la politique. Le nouveau socialisme, c’est rendre la politique plus forte que la mondialisation. C’est un chemin plus difficile, plus audacieux, mais indispensable pour éviter des désastres futurs. Moi, je suis candidat à la transformation du système, pas à la gestion du système.

Mais vous prônez le retour au protectionnisme comme Marine Le Pen…

Je combats le protectionnisme de l’extrême droite. Le protectionnisme que je défends est un protectionnisme de progrès. La démondialisation, c’est la préférence à la production sur place plutôt qu’importée, la préférence pour les salaires plutôt que les dividendes et pour l’environnement plutôt que la destruction des ressources naturelles. C’est un protectionnisme vert, social et de progrès.

Le projet du Parti socialiste, qui contient des propositions pour lutter contre la mondialisation, ne vous va pas…

Le projet est un rez-de-chaussée dans lequel tout le monde peut se retrouver. Je propose pour ma part de construire les étages de la nouvelle France, notamment sur les questions de démondialisation, de capitalisme coopératif, de VIe République, de mise sous tutelle du système capitaliste et bancaire. C’est le minimum de ce qu’il faudrait imaginer pour reprendre la main sur l’économie avant que celle-ci nous esclavagise. Aucune proposition du PS ne va dans le sens de mettre une bride sur le cheval de

via www.liberation.fr

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