Les sociaux-démocrates espagnols font leur mea culpa après le désastre électoral – vraiment ? Le socialisme européen trahi par des eurocrates – Libération

Les socialistes espagnols ont reconnu leur responsabilité dans le désastre électoral de dimanche, affirmant comprendre le «malaise» face au chômage et à la crise qui a provoqué une rébellion sociale sans précédent dans tout le pays.

En donnant presque dix points d’avance aux conservateurs du Parti populaire, les Espagnols ont infligé une très lourde sanction aux socialistes pour ne pas avoir réussi à sortir le pays de la crise économique et combattre le chômage, le plus élevé des pays industrialisés, qui touche un actif sur cinq.

Défaite «historique», «tsunami» annonciateur des législatives de mars 2012, relève la presse lundi en soulignant que «les socialistes encaissent leur pire résultat de l’histoire de la démocratie dans des élections locales».
Le Parti socialiste, au pouvoir depuis 2004, a remporté 27,79% des voix, loin derrière le Parti populaire, en tête avec 37,53% aux élections municipales.

Le chef du gouvernement, José Luis Rodriguez Zapatero, a immédiatement fait son mea culpa. «Je sais que beaucoup d’Espagnols souffrent de graves difficultés (…) et que beaucoup de jeunes envisagent leur avenir avec inquiétude, aujourd’hui ils ont exprimé leur malaise», a-t-il déclaré.

«Il était raisonnable de penser que le Parti socialiste allait subir un châtiment par les urnes, nous l’assumons et le comprenons», a ajouté Zapatero, en excluant des législatives anticipées comme le réclame l’opposition.

«Bien sûr qu'ils ne nous représentent pas»

Les manifestants qui ont pris possession de la place de la Puerta del Sol, au coeur de Madrid, ont décidé dimanche de poursuivre pendant au moins une semaine cette occupation. Dans la soirée, une foule de plusieurs milliers de personnes a, comme chaque jour, envahi la place, autour du village alternatif de bâches bleues et de tentes devenu le coeur de la contestation.

Le mouvement, qui rassemble beaucoup de jeunes, mais aussi des citoyens de tous horizons, a surgi le 15 mai via les réseaux sociaux, pour très rapidement s'amplifier, gagner tout le pays et se structurer. Spontané, coloré, pacifique, laboratoire d'idées pour des réformes à venir, ce mouvement citoyen, qui se veut apolitique, dénonce l'injustice sociale, les dérives du capitalisme, la «corruption des hommes politiques».

Mais surtout, il trahit l'angoisse de millions d'Espagnols face au chômage, qui atteint 21,19% et touche près de la moitié des moins de 25 ans sans emploi. Et aussi la défiance envers les grands partis politiques, les socialistes et le Parti Populaire. «Bien sûr, bien sûr qu'ils ne nous représentent pas», est l'un des slogans répété à l'infini chaque nuit à la Puerta del Sol. «Bien sûr je vais voter, mais pour un petit parti», confiait dimanche Ana Rodriguez, ingénieur au chômage de 29 ans, qui venait de passer deux nuits dans le campement. «Il faut un changement dans le système politique, pour que les petits partis soient mieux représentés».

Les rassemblements se sont poursuivis samedi et dimanche, à Madrid et dans la plupart des villes d'Espagne, en dépit de la trêve électorale qui interdisait toute activité politique. Mais le gouvernement, en position délicate, a renoncé jusqu'à présent à faire évacuer les manifestants par la police.

Les socialistes perdent Barcelone et Séville

via www.liberation.fr

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