Une longue ovation debout, malgré une chaleur écrasante. Et une belle photo de famille, malgré l'absence de Nicolas Hulot. Pour son lancement de campagne, Eva Joly a pris une grande bouffée de confiance devant plus d'un millier de militants d'Europe Ecologie-Les Verts (EELV) au dernier jour des Journées d'été organisées à Clermont-Ferrand. Dans un long discours très attendu, elle a balayé les grands axes de son programme, touchant à la fois sa marque de fabrique – la lutte contre les paradis fiscaux ou la corruption –, son ancrage écologiste et l'autonomie de son mouvement.
«Vous m'avez choisie comme candidate à la présidence de la République, pas comme candidate au ratissage des voix écologistes pour le compte du parti socialiste (…) La seule manière de construire une victoire qui trace la voie du changement écologique et du renouveau démocratique, c'est de voter pour nous», a-t-elle lancé à la salle. Devant la presse, Joly a ensuite poursuivi sur ces deux grandes lignes directrices, répondant tant sur le désarmement nucléaire que sur l'affaire Takieddine, qu'elle a qualifiée de «scandale d'Etat».
A la sortie, les cadres du mouvement savouraient: «On a retrouvé la candidate des européennes», dixit un député européen. Surtout, soulignait un proche de Dominique Voynet, «tout le monde va faire la campagne, c'était pas gagné. Maintenant, il va falloir faire la campagne avec les Français.»
Avec la crise, Eva Joly espère profiter de son profil, d'ancienne magistrate luttant contre la corruption ou de conseillère des gouvernements norvégien et islandais. «Vous avez choisi une jeune en politique mais expérimentée dans les affaires du monde», a-t-elle lancé samedi. Même cette inexpérience politique – trois ans seulement chez les écologistes – peut parfois lui sourire.
C'est la leçon de la polémique suscitée par ses déclarations du 14-Juillet sans défilé militaire. Eva Joly n'avait en réalité rien préparé. «C'était le hasard. Elle était au rassemblement de la Ligue des droits de l'homme quand les chars sont passés, et elle a alors lancé cela», raconte Duflot. Même si, ajoute aussitôt la secrétaire nationale: «Quand on est en campagne, il faut faire attention aux réflexions spontanées.»
Retour sur trois jours de débats, où l'avenir de Nicolas Hulot ou les piques de Daniel Cohn-Bendit ont finalement été relégués au second plan, malgré les incertitudes pesant sur les épaules de la candidate, en pleine crise économique et financière.
via www.mediapart.fr