(De Clermont-Ferrand) C'est comme une deuxième naissance à laquelle a assisté le peuple écologiste, ce samedi, en clôture de son université d'été à Clermont-Ferrand. Celle d'une Eva Joly présidentiable, enfin sûre de sa légitimité et de son charisme auprès des siens. Parce que Norvégienne, parce que venue de la société civile, parce que tombeuse de Nicolas Hulot.
Lors de la polémique sur le 14 Juillet déjà, répondant à François Fillon qui l'accusait de n'avoir pas « une culture très ancienne des traditions françaises, des valeurs françaises, de l'histoire française », elle avait montré sa combativité. Ce jour-là, forte de sa large victoire face à Nicolas Hulot, elle avait compris que la campagne serait dure, et chacun avait pu vérifier que les attaques la rendaient plus forte. Comme au temps où, juge d'instruction, elle était menacée de mort parce qu'elle osait poursuivre les puissants.
Elle a ensuite pris trois semaines de vrai repos dans sa maison de l'île de Groix, entre marché, famille, lecture et farniente, et est revenue en pleine forme. La primaire, qu'elle avait enchaînée après les européennes, les régionales puis les cantonales l'avait rincée.
Alors ce samedi, dans la chaleur étouffante de ce gymnase de Clermont-Ferrand, elle a osé. Osé ce qu'aucun candidat écolo n'avait jamais fait : clore son discours par un « vive la République, vive la France », accolé au « vive l'écologie, vive l'Europe ». Elle n'y avait pas pensé elle-même. Mais ses proches lui ont soufflé, et, comme souvent, elle les a écoutés.
« Dany » n'aura pas gâché la fête
La séquence s'est déroulée au mieux de ce que pouvait souhaiter ce jeune parti héritier d'une longue tradition de divisions et d'échecs à l'élection présidentielle. Chacun a trouvé sa place :
- Les « hulotistes » ont accepté de s'asseoir au premier rang, aux cotés des leaders historiques et des têtes montantes d'EELV.
- Dany Cohn-Bendit s'était éclipsé un peu plus tôt après avoir distillé son venin aux journalistes, et José Bové qui avait soutenu Hulot sur la fin, n'a pas montré le bout de son nez, probablement plus préoccupé par les gaz de schiste et la Politique agricole commune (PAC).
- Cécile Duflot jouait parfaitement la « gentille organisatrice » capable de faire lever les mains à tout le monde pour montrer ses dix doigts, comme le score qu'elle rêve Eva Joly de voir réaliser – même si en vrai pas grand monde n'y croit.
- Noël Mamère, le seul candidat écolo à avoir dépassé les 5% à l'élection présidentielle (en 2002) a retrouvé ses talents de journaliste télé et organisé un beau plateau d'« héroïnes ordinaires ». Raillant Bachar al-Assad, « crapule parmi les crapules » et citant Brassens qui aurait dit d'Eva Joly qu'elle a « Mauvaise réputation », il a fait vibrer la salle aux sons des antiennes rebelles que les écolos, anciens et nouveaux, adorent.
- Un jeune ministre norvégien est même venu témoigner des vertus du m
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