Le conflit sur les retraites vu de l’extrême droite | VISA Vigilance Initiatives Syndicales Antifascistes

Les périodes de forts conflits sociaux ne sont jamais, ou très rarement, des périodes faciles pour l’extrême droite. D’un côté, celle-ci tire un bénéfice électoral évident d’une certaine colère sociale, dévoyée et pervertie, mélangée au racisme et à une logique de bouc-émissaire. Elle canalise un désir de revanche sociale, en le dirigeant à la fois contre certains membres des élites (ciblés par exemple en tant que « corrompus » ou membres de « lobbys antinationaux », juifs, maçonniques ou autres) sans pour autant remettre en cause les hiérarchies sociales, et contre des personnes socialement plus faibles (travailleurs immigrés, réfugiés, Roms). De l’autre côté, la nature profonde du projet social de l’extrême droite est réactionnaire, anti-égalitaire, basée sur l’idée qu’il existe nécessairement des « inégalités naturelles ». Quand des luttes sociales sont menées pour défendre des intérêts sociaux concrets, quand une polarisation sociale traverse toute la société, ces deux dimensions risquent d’entrer en collision. Les contradictions propres à l’extrême droite risquent ainsi de ressortir visiblement.

Le "programme" du F.N. sur les retraites

En matière de retraites, l’extrême droite française – surtout son parti principal, le FN – a toujours adopté une position de fond assez claire. Jean-Marie Le Pen l’a ainsi exprimée en 2003, au moment du conflit sur l’(avant-)dernière « réforme » des retraites : « Il faut travailler plus et plus longtemps en France. » A l’époque, il donnait pour exemple… son propre cas, indiquant que ça ne le dérangeait point de continuer son activité (politique) jusqu’à l’âge de 80 ans. En effet, d’ailleurs, s’il envisage aujourd’hui d’abandonner « enfin » – en janvier 2011 – la présidence du parti, il le fait à 82 ans passés…
Jusqu’il y a peu de temps, le programme du FN – tel que consultable en ligne – comportait trois propositions centrales en matière de retraite : qu’il fallait fixer l’âge de départ (minimal) à 65 ans, contre 60 jusqu’à maintenant ; exiger 40 annuités de cotisation ; et développer les retraites par capitalisation. Or, très récemment, devant l’ampleur pris par le conflit sur les retraites, ce passage a miraculeusement disparu du programme en ligne. Le FN aurait-il eu peur qu’au moment où tout le monde parle du problème des retraites, des électeurs curieux puissent avoir envie de consulter ce qu’il dit en la matière – et qu’il aurait pu laisser une impression désagréable avec ces deux mesures ?
Le 25 septembre 2010, Jean-Marie Le Pen réunit le « Conseil scientifique » du FN (qui réunit dirigeants du parti et universitaires) à son nouveau siège, basé à Nanterre. A cette occasion, il a présenté sa conception en matière de retraites. Le passage central est celui-ci : « Il faut en finir avec la référence à la retraite à 60 ans comme les syndicats et les partis politiques se bornent à le faire, et qui n’a pour effet que de limiter le taux d’emploi des   ,seniors’ (aujourd’hui moins de 40 %). Nous sommes en revanche attachés à la limitation de la durée de cotisation à 40 annuités pour l’octroi d’une retraite à taux plein. Nous souhaitons donc que le départ à la retraite soit possible à n’importe quel âge mais à la condition d’avoir cotisé 40 annuités. Au-delà pour les salariés qui le souhaitent, une retraite ,à la carte’ avec surcote proportionnelle au temps de cotisation supplémentaire serait proposée. Dès lors, la question du passage obligatoire à 66 ou 67 ans pour obtenir un taux plein ne se poserait plus. » 
Cette phrase, selon laquelle « la question » de l’âge légal de départ – sans décote – « ne se poserait plus », dissimule mal l’idée qu’il s’agit de faire di

via www.visa-isa.org

0 0 votes
Évaluation de l'article
S’abonner
Notification pour
guest
0 Commentaires
Le plus ancien
Le plus récent Le plus populaire
Commentaires en ligne
Afficher tous les commentaires
Translate »
0
Nous aimerions avoir votre avis, veuillez laisser un commentaire.x