La faute au communautarisme… des Blancs
Aux Etats-Unis également, il est de bon ton de pointer le communautarisme des Noirs, qui aiment à rester entre eux, et celui des Latinos, qui s'obstinent à utiliser la langue espagnole.
Eduardo Bonilla-Silva évoque plutôt un communautarisme ethnique et social des Blancs qui serait la cause elle-même d'une perception, chez ces derniers, d'un communautarisme au sein des minorités. Il s'agit selon lui d'une projection classiquement freudienne : ainsi, habitants des beaux quartiers de Londres, New York ou Paris symboles d'un entre-soi de classe liraient dans The Spectator, L'Express ou Newsweek des articles pointant avec angoisse la dérive communautariste de minorités, notamment musulmanes.
Rien de bien original ou de nouveau à travers ce schéma : dans l'étude classique de Norbert Elias sur les structures de l'exclusion sociale, on découvre les antagonismes entre habitants respectables d'un « village », et ceux d'une zone de relégation appelée le « lotissement ». Au détour d'une analyse portant sur la fonction des commérages, on y découvre que le groupe installé frappe d'ostracisme les marginaux du lotissement en les empêchant, à coup de potins dépréciatifs, de prendre leur part à la vie de la communauté. Sans oublier que les « villageois » font ensuite grief aux gens du lotissement de cultiver le repli sur soi.
via www.rue89.com