La « Spanish revolution » lance un « cri muet » d’indignation | Rue89

Juste avant minuit, vendredi soir, la foule dense rassemblée sur la Puerta del Sol, à Madrid, s'est tue. Dans le silence presque complet, des milliers de mains ont fait bruisser l'air lorsque les douze coups ont retenti. C'est avec ce « cri muet » qu'elles ont accueilli la « journée de réflexion » qui précède traditionnellement un scrutin en Espagne. (Voir la vidéo)



On ignorait alors encore si la police s'apprêtait à intervenir pour déloger des rassemblements devenus officiellement illégaux à cette minute même dans toute l'Espagne.

La loi électorale interdit de « faire campagne » et de « réaliser tout acte de propagande » à la veille d'une élection ainsi que de former « des groupes susceptibles de bloquer, de quelque manière que ce soit » le libre exercice du droit de vote le jour du scrutin.

Dimanche, 35 millions d'électeurs sont appelés à voter pour treize scrutins régionaux et dans plus de 8 000 municipalités. La commission électorale espagnole a tranché jeudi soir : elle n'autorise pas les rassemblements qui ont essaimé dans toute l'Espagne.

« Personne ne donne de consignes de vote ici »

Mais les policiers, retranchés cette fois dans des rues adjacentes plutôt que sur la place comme ils en avaient coutume depuis mardi, n'ont pas chargé.

Un peu plus tard, des agents ont informé certains des manifestants encore présents qu'ils participaient à une concentration illégale, mais sans plus. Les forces de sécurité ne semblent pas vouloir envenimer la situation. Vendredi, le ministre de l'Intérieur Alfredo Perez Rubalcaba a d'ailleurs déclaré :

« La police ne va pas créer un problème afin d'en résoudre un autre. »

« Nous respectons la journée de réflexion », assure pour sa part Noelia, l'une des porte-parole désignée en assemblée :

« Personne ne donne de consignes de vote ici et personne ne dit non plus s'il faut voter ou pas. »

« Nous réfléchissons », ironisent plusieurs campeurs à travers des pancartes que certains ont même accroché à leur cou.

Salades de pâtes, infirmerie et potager urbain

La vie s'est organisée sur le campement, monté en plein centre touristique et commercial de Madrid.

Les lieux n'ont plus rien à voir avec les premiers jours de la « acampada » (campement).

Des mètres de bâches couvrent désormais les entrailles d'un village qui grouille d'activités : distribution de tortillas ou de salade de pâtes, services juridiques et de communication, infirmerie, atelier d'expression orale, garderie et même, maintenant, un potager urbain planté dans des plates-bandes.

Quand quelque chose vient à manquer, les organisateurs lancent un appel sur Twitter. La réponse est en générale fulgurante. « Nous avons besoin de crème solaire », suppliait vendredi @acamapadasol avant de revenir sur le fil un peu plus tard :

« 

via www.rue89.com

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