La gauche, l’extrême droite et la xénophobie (par Edwy Plenel) – Page 1 | Mediapart

Invité la semaine passée de l’émission de Serge Moati “PolitiqueS”, sur LCP, j’ai répété, juste après une interview de nos amis Alexandre et Délia Romanès du cirque du même nom, ce que je ne cesse de défendre depuis trente ans, depuis qu’à partir de 1983, le Front national est passé de groupuscule idéologique à hypothèque électorale. À savoir qu’on ne lutte pas contre les passions xénophobes et sécuritaires qu’agite l’extrême droite en épousant le même agenda qu’elle, mais, tout au contraire, en leur opposant un imaginaire supérieur et mobilisateur, créant une dynamique électorale et un rapport de forces politiques autour d’idéaux renouvelés, ceux-là mêmes qu’énonce mais n’accomplit pas notre République : de liberté véritable, d’égalité nouvelle, de fraternité retrouvée. J’ai donc dit que, si l’adversaire était bien l’extrême droite, le danger était ceux qui, à droite comme à gauche, lui cèdent du terrain.

PolitiqueS enregistré le 5 octobre 2013 (mon intervention à la 38e minute)

Pour celles et ceux qui lisent de près Mediapart, connaissent mes écrits ou suivent mes interventions, rien là de très neuf. Loin de penser que le FN pose de « bonnes questions » auxquelles il apporterait de « mauvaises réponses », selon la malheureuse formule de Laurent Fabius à propos de Le Pen père en 1984, je crois qu’il nous faut sans relâche montrer que ce sont les mauvaises questions – celles qui dressent des opprimés contre d’autres opprimés, pour le plus grand bonheur des possédants – et imposer les bonnes réponses – celles qui mobilisent sur un agenda d’égalité démocratique et sociale, d’égalité des droits, d’égalité des possibles.

Quelques jours plus tôt, j’avais d’ailleurs illustré cette position dans l’émission de Thierry Ardisson sur Canal+, “Salut les Terriens”. Face au vice-président du FN Florian Philippot – issu (et ce n’est évidemment pas sans rapport avec notre sujet) du chevènementisme pour lequel il fit campagne en 2002 – et avec le renfort très efficace d’un universitaire (de nationalité belge), François Gemenne, nous avons réduit à néant le discours de l’extrême droite sur l’immigration (lire ici sur Rue89 un billet qui en rend compte et voir la vidéo là), montrant qu’il s’agit tout simplement d’un mensonge dont la répétition en boucle depuis des décennies, loin de résoudre les problèmes quotidiens des Français, n’a fait qu’accompagner l’aggravation de leur situation, leur perte de confiance dans l’avenir et leur doute sur eux-mêmes face aux bouleversements du monde.

Mais que n’avais-je dit chez Moati ! Sommairement titrée « Le danger ce n’est pas Madame Le Pen, mais Manuel Valls », la diffusion par LCP d’un court extrait de mon propos (à voir ici) m’a valu les foudres des réseaux du ministre de l’intérieur, jusqu’à un billet courroucé du président de la commission des lois (à lire là), le député Jean-Jacques Urvoas, qui évoque ma « 

via www.mediapart.fr

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