Pour antiphraser Nicolas Sarkozy, «les paradis fiscaux, le secret bancaire», c’est pas«terminé». Lors du G20 de 2009, le chef de l’Etat multipliait les déclarations martiales. A l’approche du G20 de 2011, la semaine prochaine à Cannes, profil bas sur les paradis fiscaux : la présidence française ne les mentionne même pas dans ses «six priorités». Mais les ONG – le réseau Tax Justice Network à l’international, la plateforme Paradis fiscaux et judiciaires en France, avec le Comité catholique contre la faim et pour le développement (CCFD) en tête de pont – entendent bien le rappeler à ses promesses.
Confettis. Car c’est peu dire que la moisson est maigre. Sous l’égide de l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE), les listes noires ou grises se sont réduites comme peau de chagrin. L’idée était de pratiquer le name and shame, en stigmatisant les confettis de la mondialisation. Résultat : plus aucun pays ou territoire ne serait noir. Seuls cinq (Guatemala, Montserrat, Nauru, Niue et Uruguay) demeurent gris, mais ne représentent que 0,04% de la finance offshore. Le reste de la planète est plus blanc que blanc… La France a établi sa propre liste : elle comporte 18 pays – c’est mieux -, mais ne concentre que 0,2% de la finance opaque. Pour mémoire, l’évasion fiscale s’élève à 100 milliards de dollars (70 milliards d’euros) aux Etats-Unis et à 150 milliards d’euros dans l’UE. Le G20 est-il l’instance la plus à même de combattre les paradis fiscaux ? «Ses contradictions internes rendent illusoire toute ambition», relève le CCFD, qui note que le G20 concentre «39% de l’opacité internationale, et 88% si on y ajoute les autres pays de l’UE». Ont ainsi été blanchis d’emblée les confettis de la Chine (Hongkong et Macao), des Etats-Unis (le Delaware) et du Royaume-Uni (îles Vierges).
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