Mais surtout, Emmanuel Todd livre son analyse de la stratégie actuelle de Marine Le Pen: loin de se transformer en droite classique, le FN, en alliant le «national» et le «social», la xénophobie et l’étatisme, lui semble se rapprocher dangereusement de l’extrême-droite des années 30. Il dénonce également «les tendances fascinantes» au sein de l’UMP: «Les thématiques ethnique et autoritaire, c’est bien le sarkozysme qui les a portées. La stratégie, si caractéristique du fascisme, consistant à dire une chose et son contraire – par exemple, à se dire de gauche et de droite à la fois, ou à mélanger le social et le national – existe certes au FN, mais encore plus dans les discours écrit par Henri Guaino.»
Pour 2012, le démographe appelle de ses voeux une gauche «capable d’affronter un capitalisme de plus en plus inégalitaire et de plus en plus violent (…) qui désigne les adversaires de classe: les ultra riches. La gauche ne doit pas avoir peur de les taxer, de mettre en place un protectionnisme européenne, de prendre le contrôle de la gestion des banques. Elle doit parler en maître à la nouvelle aristocratie financière». Cette gauche, dit-il, devra marier le projet protectionnisme et l’idéal républicain «compris dans son véritable sens, c’est-à-dire intégrant les immigrés et leurs enfants à la nation.» Et, comme un pied de nez au patriotisme de pacotille du Front national, c’est Emmanuel Todd qui a suggéré à Libération de publier cet entretien dans le numéro du 14 juillet, jour de fête nationale…
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