L'austérité budgétaire est-elle une solution ?
La Grèce ne parvient pas, seule, à honorer le service de sa dette publique. Et étant donné les prévisions de la Commission européenne, cette dette ne va pas diminuer dans les mois qui viennent : le déficit annuel de la Grèce continuera à avoisiner les 10% en 2011 et 2012 (voir le tableau), ce qui ne manquera pas d'alourdir le fardeau.
La Grèce (source : Commission européenne) 2010 2011 (estimation) 2012 (estimation) Croissance du PIB – 4,5% – 3,5% ? Déficit public (% du PIB) – 10,5 – 9,5 – 9,3 Poids des intérêts de la dette (% du PIB) 5,6 6,7 7,4 Déficit hors charges liées à la dette (% du PIB) – 4,9 – 2,8 – 1,8 Dette publique (en % du PIB) 143 % 158 % 166 % Taux de chômage 12,6 15,2 15,3Pour tenter de corriger la situation, le FMI et une partie des pays européens exigent un redoublement de l'austérité budgétaire (plus d'impôts, moins de dépenses). Mais cette méthode ne fonctionne pas : en 2010, le tour de vis budgétaire a représenté 5,7% du PIB, aggravant la récession (le PIB a reculé de 4,5%). Or, seule la croissance apportera les recettes fiscales suffisantes pour rembourser la dette.
Les marchés savent tout cela. Et coupent donc tout crédit à la Grèce. Le FMI et les pays européens doivent donc se substituer à eux, en catastrophe. D'où la crise actuelle.
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