Derrière la dégradation de la « note » des Etats-Unis et de celle des autres pays : la corruption ? le soutien actif aux Républicains ? | Mediapart

Une des pierres angulaires du système financier international vient d'être mise à terre. Vendredi soir, Standard & Poor's a abaissé la note des Etats-Unis pour la ramener de AAA à AA+. En un mot, les bons du Trésor américain, ultime référence du système financier, ne peuvent plus être considérés comme l'investissement le plus sûr du monde.

L'agence de notation a expliqué que cette dégradation «reflète notre opinion que le plan de consolidation fiscale que le Congrès et l'exécutif ont récemment adopté, était insuffisant par rapport à ce qui serait nécessaire, à nos yeux, pour stabiliser à moyen terme la dynamique de la dette». Elle reproche aussi aux responsables politiques américaines «la faible efficacité, stabilité et prévisibilité» de la politique américaine dans une période de dangers. Les risques politiques, selon elle, vont grandissants. Et l'agence a averti qu'elle maintenait les Etats-Unis sous surveillance «négative», tant qu'elle n'aurait pas le sentiment que la classe politique s'attaque sérieusement au problème de l'endettement américain.

Cette dégradation n'est pas vraiment une surprise. En juin, l'agence de notation avait lancé un premier avertissement au gouvernement américain. Le spectacle affligeant donné par la classe politique américaine lors du débat sur le relèvement du plafond de la dette, comme le compromis boiteux auquel le Congrès et le gouvernement ont abouti l'ont conforté dans son jugement.  

Dans la journée de vendredi, la nouvelle de cette dégradation avait commencé à fuiter sur les marchés, alimentant la spéculation à la baisse.


© Reuters

Toute la journée, l'administration américaine et le Trésor ont engagé des discussions pour dissuader l'agence de dégrader les Etats-Unis. Le Trésor a contesté les calculs de l'agence, estimant qu'il y avait une erreur d'appréciation de 2.000 milliards de dollars. Sans contester le bien-fondé de la défense du gouvernement, l'agence de notation a décidé de passer outre et de publier son avis, après la fermeture de tous les marchés dans le monde.

En dehors même de l'opportunité du moment, la résistance opposée par le gouvernement est des plus compréhensibles. Car les conséquences de la décision de Standard & Poor's sont «incalculables», comme le reconnaît un banquier de Goldman Sachs. Cette dégradation signe en effet la fin du statut à part des Etats-Unis, érigée en super-puissance mondiale depuis la fin de la deuxième guerre mondiale. Elle enlève aussi la dernière pierre stable de ce qui restait de l'édifice de Bretton Woods. Tout le système financier mondial risque d'être déstabilisé.

La dégradation était à peine connue que la polémique politique a commencé aux Etats-Unis. Le parti Républicain a accusé la présidence Obama d'être responsable de cet outrage. Les démocrates ont répliqué en rappelant l'incurie de l'administration Bush et en accusant le Tea Party d'avoir pris en otage le pays avec des revendications démentielles.

Anticipant la polémique, un des responsables de Standard &Poor's, John Chambers, s'érigeant –au nom de quoi?– en évaluateur politique, a renvoyé les deux partis dos à dos. Selon lui, la responsabilité de la dégradation de la situation économique des Etats-Unis incombe autant au gouvernement Bush qu'à l'administration Obama.

Malgré tout, Barack Obama ne pourra pas empêcher que sa présidence sera désormais associée au moment où les Etats-Unis sont tombés de leur piédestal. Et cela risque de peser lourd dans la campagne présidentielle q

via www.mediapart.fr

0 0 votes
Évaluation de l'article
S’abonner
Notification pour
guest
0 Commentaires
Le plus ancien
Le plus récent Le plus populaire
Commentaires en ligne
Afficher tous les commentaires
Translate »
0
Nous aimerions avoir votre avis, veuillez laisser un commentaire.x