« Ici, on n'est pas dans un bureau… les 35 heures, je les fais en deux jours ! » Gérant d'une paillotte en bord de plage dans les Côtes-d'Armor, Christophe Bouquin est capable d'alpaguer le chaland en tongs pour causer politique en lui servant une galette complète au soleil couchant. Surtout quand il s'agit d'étriller « l'absurdité » du droit du travail dans la petite restauration saisonnière.
« Bouc », pour les habitués, loue la souplesse de ses employés, « déclarés en bonne et due forme mais capables de prendre un jour de congé au pied levé si le temps est mauvais ». Comme de « ne pas prendre de pause si ça booste ». La loi, elle, impose un planning à quinze jours et des horaires plus orthodoxes.
Grands-parents communistes, parents « socialos » et bulletin Mitterrand à 18 ans en 1981, Bouc avait « le cœur à gauche ». Depuis qu'il a repris le « Lolly papaye » sur la plage de Lancieux, il trouve surtout qu'on déprécie le travail en France :
« Demander aux chômeurs qui reçoivent les allocations de donner quelques heures à la collectivité, je ne vois pas ce que ça a de choquant. Au SMIC à 1 200 euros en revanche, j'aimerais bien qu'on m'explique comment un travailleur motivé peut vivre correctement. » (Ecouter la suite du témoignage de Christophe Bouquin sur son métier depuis 2003)
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