DALO : la loi pour le logement des plus modestes a été votée mais son application est tragi-comique, et constitue une preuve que les citoyens vivent sous l’influence d’un Etat menteur | Mediapart

  • Une femme de 53 ans vit dans une chambre de 12 m2 dans un hôtel de
    Goussainville où elle paye 550 euros (son salaire: 1.073 euros). Est-elle
    éligible au Droit au logement opposable (DALO)? Non, dit la commission de médiation du Val-d'Oise. Certes, elle a fait une demande de HLM mais à Paris.
    Pas dans le département.

    Un couple avec un enfant de 2 ans vit dans une chambre de 8 m2 dans un
    foyer Adoma. Est-il éligible? Pas plus. Quand il a signé son contrat pour cette
    chambre, l'homme était célibataire. Il «met la commission devant le fait accompli et n'a fait sa demande de logement social qu'il y a trois mois».

    Et cette famille de quatre qui vivent dans 13 m2, avec des cafards et dans
    des conditions insalubres? C'est oui. Il faudra tâcher de lui trouver un
    3 pièces.

    Les cas défilent. Ils sont quinze, autour du
    président Michel Langlois, à devoir décider, parmi des situations compliquées,
    souvent peu documentées, qui peut bénéficier du DALO. Parmi ces quinze, on
    compte des représentants de la préfecture, des locataires, d'une ville, des
    bailleurs, de la DDASS, des structures d'hébergement, d'associations, qui, tous,
    ont reçu les dossiers quelques jours auparavant de façon à pouvoir préparer la
    commission.

    Trois fois par mois, ces «commissaires» examinent environ 150
    cas au cours d'une séance marathon qui court de 9 heures à 14 heures. Si le dossier
    examiné est jugé prioritaire, l'Etat a six mois pour loger le demandeur. Au
    bout de six mois, si aucun logement n'a été proposé, le demandeur peut attaquer
    l'Etat devant le tribunal administratif.

    Depuis la mise en place de la loi, il y a un peu plus de deux ans, quelque 140.000 recours (pour
    obtenir soit un logement soit un hébergement) ont été déposés en France selon
    les statistiques que Mediapart s'est procurés (voir sous l'onglet Prolonger).
    Sur ces 140.000, près de 50.000 n'ont pas été examinés (dossiers incomplets,
    solution trouvée entre-temps, etc.). Parmi les examinés, 47,8% des dossiers ont
    obtenu une réponse favorable. Ce qui ne signifie pas, loin de là, que tous ces
    labellisés ont été relogés. Sur
    43.000 dossiers reconnus prioritaires, seuls 13.000 ont obtenu un logement ou
    un hébergement. Fin octobre, 11.000 ménages prioritaires avaient vu les délais
    dépassés sans que rien ne leur soit proposé selon la Fondation Abbé-Pierre.

  • Surtout, ces chiffres nationaux ne reflètent pas les grands déséquilibres
    régionaux. A elle seule, l'Ile-de France accueille deux tiers des dossiers déposés. Et
    dans la région capitale, le taux de réponses favorables n'est que de 25,4%. Les
    logements manquent cruellement.

    Pour comprendre comment s'applique le DALO, il faut toutefois encore
    descendre d'un échelon et s'intéresser aux départements. A Paris, 61% des
    dossiers examinés ont reçu une réponse favorable. Mais seulement 6,27% des
    personnes qui ont reçu cette réponse favorable ont ensuite été relogées.

    A l'inverse, la commission du Val-d'Oise est (à égalité avec les Yvelines) la
    commission qui décerne le moins de labels DALO en Ile-de-France  (22% de réponses favorables). En
    revanche, il s'agit d'un des deux départements qui relogent le mieux (56%). Les
    dossiers examinés à Paris et dans le Val-d'Oise ne sont pourtant pas
    fondament

  • via www.mediapart.fr

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