La réponse de Fabrice Arfi, @sinaute lui aussi, n'a pas tardé :
Cher (chère?) Galanga,
Je suis le “Arfi” dont vous parlez si aimablement dans votre commentaire. Vous vous méprenez gravement. Le "buzz" n'a rien à voir avec tout cela et, contrairement à ce que vous écrivez, nous n'avons jamais utilisé le terme de "feuilleton". De fait, nous avons récupéré une masse de documents qui se comptent en milliers et il paraît logique, pour la compréhension du lecteur, de ne pas tout "balancer" d'un coup. Pour le reste, je n'ai que faire de reproduire avec Ziad Takieddine l'affaire Bettencourt de l'été 2010. Rassurez-vous pour la "monnaie sonnante et trébuchante", tout va bien pour Mediapart de ce côté là.
Mais je revendique -ne vous en déplaise- le droit à la stupéfaction de voir des informations que nous estimons d'intérêt public être méprisées à ce point par les confrères. Voilà un marchand d'armes millionnaire, principal suspect dans une affaire judiciaire liée à une possible corruption politique sur fond de vente d'armes, qui invite à grand frais sur son yacht ou dans ses villas le premier cercle du chef de l'Etat ; fait du business avec eux (contrat Miksa avec l'Arabie saoudite) ; fraude le fisc à grande échelle alors que l'un de ses "amis" les plus proches est, à la même période, ministre du Budget (Jean-François Copé). Le même, qui devient l'intermédiaire secret de Sarkozy auprès de Kadhafi dès 2005, réussit à convaincre les plus hauts sommets de l'Etat de trouver une solution pour blanchir judiciairement le bourreau du dictateur libyen, Abdallah Senoussi, cerveau de l'attentat du DC10-UTA (170 morts, une paille). Et j'en passe… La suite arrive dans les prochains jours.
La même histoire dans un pays anglo-saxon aurait, à mon avis, un autre retentissement. Et cela n'a rien à voir avec Mediapart et le fait que j'y travaille. Il s'agirait d'un autre média, je dirais la même chose. Seulement voilà, je trouve que cette histoire, mais comme tant d'autres, est un révélateur d'une sorte de déficit culturel journalistique français. Où le temps médiatique suit le temps politique ; et non l'inverse. Ce qui, à mon sens, doit être, sinon la règle, du moins l'objectif quand on conçoit le journalisme comme un contre-pouvoir quelque soit le pouvoir. Nous ne sommes pas la chose des communicants.
Vous voyez, nous sommes très loin de la caricature du "marchand de tapis" que vous brossez en trois lignes. Et pour votre information, aucune des informations publiées par Mediapart sur les compromissions du pouvoir avec Ziad Takieddine n'ont été contestées. Mieux: l'avocate de l'homme d'affaires a annoncé à Paris Match qu'il ne déposerait pas plainte.
S’abonner
Connexion
0 Commentaires
Le plus ancien