Voyages | De Srebrenica à Hiroshima à vélo, fragments de guerre

Equipé d’une petite caméra, le journaliste Raphaël Beaugrand est parti seul de Paris à vélo le 3 mars 2010. Son objectif? ”Aller à la rencontre de témoins et de victimes de conflits jusqu’à Hiroshima (…) Je suis là où la guerre et le conflit ont eu lieu. Il y a quelques jours, il y a quelques mois ou il y a quelques années”, explique-t-il au début de son webdocumentaire. Après 140 heures de rushes, il livre en images son voyage, ses rencontres, l’histoire des “vrais gens” marqués à vie par la guerre, les massacres et le génocide.

Témoignages sans frontière

Pendant 302 jours, le journaliste a parcouru 10.000 kilomètres et fait escale dans huit pays marqués par le conflit : La Bosnie, la Moldavie, l’Ukraine, la Géorgie, l'Azerbaïdjan, la Chine, la Corée du Sud et le Japon. Comment se reconstruire après la guerre? Comment vivre dans l’insécurité quand on a connu l’horreur? s’est demandé le journaliste. Les témoins qui ont croisé son chemin lui ont répondu dans leur langue, leurs mots, leurs sentiments. De la Bosnie au Japon, ils lui racontent le jour où tout a basculé, la peur, les cicatrices, les douleurs qui ne partent pas. Comme Munira Subasic en Bosnie (photo) qui a survécu au "Génocide de Srebrenica" en juillet 1995 et qui recherche encore les responsables de ce massacre dans lequel elle a perdu son fils, son mari, ses amis.

 

Caméra à vélo

A chaque destination, Raphaël Beaugrand rappelle l’histoire d’un conflit qui a eu lieu pendant la seconde guerre mondiale, la guerre froide ou lors de la chute du bloc soviétique. Puis des reportages de deux minutes viennent compléter l’ensemble présenté sous la forme d’une carte interactive. Chine ou Ukraine, on peut se déplacer où on veut et faire sa propre sélection de témoignages. L’image n’est pas toujours fixe mais la caméra toujours près des visages. Parfois, leur regard croise celui de l’objectif. Impression d’être là, avec le journaliste, à écouter l’histoire d’une Japonaise (Seiko Ikeda en photo) qui se souvient exactement du bruit de l’explosion de la bombe le 6 août 1945 à Hiroshima.

 

Dernières images, Raphaël Beaugrand monte son vélo dans un train qui l’emmène pour Tokyo. Un vélo qui lui aura permis de multiplier les opportunités de rencontres et d'inspirer la sympathie des habitants. De ce long périple, le journaliste retient que la guerre n’est jamais vraiment terminée, qu’elle perdure, reste sur les visages et dans les esprits. Il termine son webdocumentaire à Tokyo, prêt à reprendre l’avion pour Paris et persuadé que “c’est en parlant des conséquences des conflits qu’on pourra les éviter”.

Vous pouvez visualiser le webdocumentaire "Paroles de conflits" ici et retrouvez les photos de son périple sur Facebook.

via voyages.liberation.fr

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