Notre enquête ne demande pas à la personne sondée de choisir entre les candidats, seulement d'estimer la probabilité qu'elle vote pour elle ou lui sur une échelle allant de 0 à 10. Les notes supérieures à 5 permettent d'estimer le "potentiel électoral" de ces personnalités à l'horizon 2012. Si on les prend une à une, la prime aux socialistes est frappante. François Hollande et Martine Aubry arrivent en tête avec un électorat potentiel de plus d'un tiers, loin devant les personnalités de la majorité présidentielle, François Fillon, Nicolas Sarkozy et Alain Juppé (26 %, 22 % et 21 %).
Dominique Strauss-Kahn garde sa popularité, même s'il ne peut plus concourir à la primaire socialiste. Chez les centristes, Jean-Louis Borloo s'en tire bien, avec un potentiel de 18 %, bien supérieur à celui de François Bayrou ou Hervé Morin. Marine Le Pen fait 15 %, devant Jean-Luc Mélenchon mais derrière Ségolène Royal, Eva Joly ou Manuel Valls. Quant à la réponse 10 exprimant de "très fortes chances" de voter pour un candidat, elle est utilisée avec parcimonie. Les trois quarts de l'échantillon ne l'emploient jamais, 16 % une fois et 4 % deux fois. Les candidats socialistes, là encore, sont les premiers à en bénéficier. Aubry, DSK et Hollande peuvent compter sur un noyau dur d'électeurs certains de leur choix, de l'ordre de 5 % à 6 % comme Marine Le Pen (5 %) et, dans une moindre mesure, le président sortant (4 %).
Quand on croise les potentiels électoraux des différents candidats, le paysage change. Les préférences électorales se chevauchent, surtout entre candidats d'un même bord politique. Mais l'espace des possibles électoraux déborde le clivage gauche-droite, et fait entrevoir des dynamiques électorales plus complexes.
Si l'on s'en tient aux huit principaux candidats, on lit leur degré de vulnérabilité, autrement dit la manière dont leurs électeurs potentiels sont susceptibles de se
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