La symbolique de l’instrument de musique est forte. L’association mise sur l’individualité de chacun pour créer une harmonie sociale. Depuis son lancement, fin novembre, dix-huit commerçants ont répondu à l’appel, cinquante bénéficiaires ont été approchés et des dizaines de services ont été rendus. « Les commerçants sont bienveillants. Le tissu social, assez dense. Ils se connaissent. Donc l’effet bouche-à-oreille a été rapide, et le lien social se renforce même entre eux. » Louis-Xavier Leca a réfléchi à un modèle à la fois « simple », « positif » et non « misérabiliste ». Il formule une promesse. Celle que le commerçant pourra répondre aux demandes, de plus en plus nombreuses, étant donné que l’offre est annoncée. Résultat : ce sont « autant de sentiments de rejet évités ». « Ça assainit les relations. Les commerçants leur disent : “Ma porte est ouverte” », assure-t-il. Pour réussir ce pari, le Carillon travaille en collaboration avec les associations d’action sociale de l’arrondissement, comme l’antenne de la Croix-Rouge du 11e arrondissement, Autre monde et Charonne. En suivant leurs maraudes, son équipe tâte le terrain et prend note des retours. « C’était important pour nous de ne pas nous marginaliser de l’existant », tient-il à souligner. Un modèle mutuellement avantageux qui, grâce aux visuels, permet aussi aux particuliers de consommer responsable : « Les acheteurs sont de plus en plus éveillés. C’est leur consommation au quotidien qui aura un effet sur l’amélioration des conditions de vie des personnes à la rue. »
via www.humanite.fr