Le mouvement Utopia appele les principaux partis politiques de gauche non pas à définir un programme commun mais les conditions minimum (les «lignes rouges») d'un futur possible accord, afin que les électeurs puissent se déterminer en tenant compte de ce que chaque parti est prêt à sacrifier (ou pas) dans le cadre d'un gouvernement commun et éviter ainsi les errements de la précédente «gauche plurielle».
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L’abstention révèle, élection après élection, la mauvaise santé de notre démocratie. La perspective de voir la représentante de l’extrême droite se qualifier pour le second tour, alors qu’au moins 80% des français rejettent cette idéologie témoigne des limites de notre système électoral.
L’élection présidentielle au suffrage universel a construit le mythe d’une démocratie fondée sur la rencontre d’un homme et d’un peuple dont nous mesurons les limites et les dangers. La gauche doit trouver les moyens de dépasser le piège d’une personnalisation excessive de l’élection et faire en sorte que le résultat du vote définisse les contours du projet qui sera mis en œuvre, au-delà des concours de beauté et des rebondissements.
S’il pariait sur son hégémonie à gauche, en tentant de substituer un vote «utile» au débat, le PS contribuerait à mettre en péril la démocratie, ainsi que les conditions d’un rapprochement de la gauche au second tour permettant de répondre aux enjeux soulevés par une crise qui, loin d’être seulement financière, est aussi écologique, sociale et démocratique.
La gauche, si elle revient au pouvoir, sera nécessairement plurielle, autour de trois grandes forces (le Parti socialiste, Europe-écologie-Les Verts et le Front de gauche) exprimant chacune des positions et un projet de société.
Comment permettre alors aux électeurs de mesurer les conséquences de leur vote sur le projet qui sera mis en œuvre?
Au-delà des questions de personnes, deux éléments sont susceptibles de déterminer un vote: l’adhésion à un projet global et/ou le positionnement de chacun des acteurs sur des questions fondamentales. Si chaque électeur pourra se faire une idée sur les projets, il nous semble sain de connaître les «lignes rouges» que chaque parti se fixe en vue de la participation éventuelle à un gouvernement de gauche plurielle. A quelles conditions devient-il possible de négocier un accord de gouvernement? A quelles conditions est-ce exclu?
Sans préjuger des contours de ce que serait un tel accord (comment pourraient-ils l’être avant de connaître les résultats des élections?), chaque parti peut fixer ses lignes rouges et en faire un argument de campagne. Face aux discussions entre appareils dans l’entre deux tours, ces engagements constitueraient un indéniable progrès démocratique et un atout de poids pour les partis qui constitueront les minorités de la gauche.
C’est la raison pour laquelle, contrairement à d’autres initiatives, nous n’appelons pas à une primaire sur le programme. S’il convient d’éviter une atomisation de la gauche, il faut permettre aux forces qui la composent d’exprimer leur projet et de déterminer leurs propres lignes rouges.
En ce qui nous concerne, membres du mouvement social ou d’Utopia, mouvement trans-partis appelant à une véritable transformation sociale et écologique nous estimons que six lignes rouges doivent être établies pour amorcer une réponse à la crise écologique, sociale, financière et démocratique. Nous appelons chacune des forces de gauche à préciser dans quelle mesure elle les considère également comme des lignes rouges en vue de leur éventuelle participation à un mouvement de gauche plurielle.
La première de ces lignes rouges concerne le nucléaire et les questions énergétiques. Il est indispensable d’engager un large débat public sur la transition énergétique qui de
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L’abstention révèle, élection après élection, la mauvaise santé de notre démocratie. La perspective de voir la représentante de l’extrême droite se qualifier pour le second tour, alors qu’au moins 80% des français rejettent cette idéologie témoigne des limites de notre système électoral.