Des artistes nippons se rebellent contre le Japon post-Fukushima | Rue89

On voulait pouvoir être fiers si on nous demandait : que faisiez-vous au moment de Fukushima ? », dit Ryuta Ushiro, « capitaine » des ChimPom, un collectif de six artistes trentenaires créé en 2004 à Tokyo-il. Une casquette de travers sur la tête, dans la petite galerie Snac de Koto, dans l'est de Tokyo, il lance :

« L'art est mort, les gens sont des lâches. Personne ne dit rien. »

ChimPom crée la polémique au Japon avec « Real times », une exposition choc sur le tremblement de terre du 11 mars et ses conséquences nucléaires en détournant une célèbre œuvre de Taro Okamoto.

Fukushima a fait rentrer le Japon dans la réalité

Les ChimPom sont plus cités dans les pages faits divers et société que dans les chroniques artistiques. Faisant de la provocation un mode de création, ils avaient déclenché en 2008 une vive controverse en réalisant une œuvre pour une exposition au musée d'Art contemporain de Hiroshima en écrivant avec la fumée de condensation d'un hélicoptère le mot « Pika » (onomatopée désignant le bruit du flash de l'explosion atomique) dans le ciel de la ville.

Choqués par ce procédé et furieux de ne pas avoir été prévenus, des survivants de l'explosion du 6 août 1945 avaient porté plainte et le groupe avait dû annuler l'exposition et présenter des excuses publiques devant le tribunal de la ville.

Les récents événements ont modifié leur planning d'exposition. Les six artistes ont voulu réagir vite, en temps réel, sur toutes les conséquences du séisme et du tsunami du 11 mars 2011.

Les dégâts dans les villes côtières, la catastrophe nucléaire de Fukushima Daiichi, les territoires abandonnés et les restrictions d'électricité… Ils évoquent tous les événements qui ont fait entrer le Japon dans une nouvelle période, une ère de réalité (les deux sens de « Real times »). (Voir la vidéo de présentation de l'exposition de ChimPom)



« Mangez mes épinards »

Ils sont partis dans les ruines de Minamisoma, ville côtière située à 25 kilomètres de Fukushima Daiichi, pour commencer à déblayer les décombres. Ils en sont revenus avec une vidéo surprenante, « 100 Kiai », où ils mettent en scène avec de jeunes survivants le traditionnel « Kiai », un cri de combat répété 100 fois, à l'unisson des discours d'encouragement diffusés à outrance dans les médias nationaux.

Mais le sérieux de la démarche tourne vite court : « Allez le Japon ! » ; « Allez Miyagi ! » ; « Allez Fukushima » ; « Le Japon est le meilleur », commence le groupe. Avant de tomber quelques instants plus tard dans l'absurde et le cynisme : « Mangez mes épinards » ; « Merci mémé » ; « Je veux une voiture » ; « Je veux sortir avec une fille » ; « Vive le nucléaire ! »

Cette vidéo, tournée spontanément, montre qu'ils ont réussi à donner, l'espace de quelques minutes euphoriques, un peu de joie à des jeu

via www.rue89.com

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