La Commission, gardienne des traités, a, pour l’instant, simplement rappelé son attachement à la liberté de la presse et a demandé au gouvernement hongrois de lui communiquer des précisions sur la nouvelle loi. Une attitude précautionneuse qui ne devrait pas durer très longtemps : après l’affaire des Roms qui a opposé, à l’automne, Bruxelles à Paris, il serait inimaginable que l’exécutif européen détourne le regard alors que la violation du droit est patente. Si des recours juridiques sont possibles, ils ont l’inconvénient de prendre du temps.
Il est aussi possible, en application de l’article 7 du traité sur l’Union européenne et au terme d’une lourde procédure (au moins un tiers des pays doivent demander sa mise en œuvre), d’avertir un Etat membre qui «risque» de violer gravement les valeurs fondamentales de l’Union, puis, une fois la violation établie, de «suspendre» ses droits (droits de vote, présidence de l’Union, etc.). Le Conseil européen des 27 chefs d’Etat et de gouvernement osera-t-il employer cette arme nucléaire contre l’homme de droite qu’est Viktor Orbán, alors même qu’il compte en son sein 19 conservateurs et libéraux peu enclins à se faire la morale les uns aux autres ? Il ne faut pas oublier que le Fidesz est membre du Parti populaire européen (PPE), aux côtés de la CDU, de l’UMP ou de Forza Italia…
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