C'est un cénacle sélect et très discret, né en 2007, composé du gratin des avocats et des juristes français. Ce « think tank » original, baptisé le « Club des juristes », ne se substitue pas aux organisations professionnelles ni aux syndicats qui défendent les intérêts des magistrats ou des avocats. Mais ses membres, qui se recrutent à droite autant qu'à gauche, dans la sphère publique comme du privé, échangent sur tous les sujets qui touchent au droit. Mieux, ils essaient d'orienter les réformes en amont et d'inspirer les lois.
Financé par une trentaine de cabinets d'avocats et de grandes entreprises (dont Total, Vivendi, PPR, Renault, Thales, Société générale), le Club fonctionne en cercle restreint, de préférence à des colloques et des manifestations trop larges.
Sa première présidente en titre, au moment de sa création mi-2007, n'était autre que Christine Lagarde. L'ancienne patronne du cabinet d'avocats américains Baker & McKenzie, devenue ministre du Commerce extérieur en 2005, a abandonné cette présidence lorsqu'elle a été nommée ministre de l'Economie et des Finances dans le gouvernement Fillon, en juin 2007. Mais, du fait de son expérience professionnelle passée, elle reste très proche de ce Club de juristes.
Les universitaires y sont dûment représentés :
- Nicolas Molfessis, initiateur du projet, enseigne à l'université Panthéon-Assas ;
- Louis Vogel, le président de cette même université ;
- Loïc Cadiet (Paris-I) ;
- Denys de Béchillon (Pau).
Ils côtoient deux constitutionnalistes de gauche :
- Guy Carcassonne, ancien collaborateur de Michel Rocard à Matignon ;
- Olivier Duhamel, ancien député européen, ex-enseignant à Sciences-Po.
Des grands avocats pénalistes, comme Olivier Metzner, Daniel Soulez-Larivière et Jean Veil, le défenseur de Jacques Chirac et proche de DSK, se sont joints à ce club huppé, ainsi que des avocats d'affaires influents :
- Didier Martin (cabinet Bredin-Prat) ;
- Jean-Michel Darrois, proche de Nicolas Sarkozy, de Laurent Fabius et d'Alain Minc.
La liste des membres inclut également :
- le secrétaire général du Conseil constitutionnel, Marc Guillaume ;
- des avocats auprès de la Cour de cassation et du Conseil d'Etat, comme Elisabeth Baraduc (qui préside le club) ;
- des membres de ce même Conseil, comme Bernard Stirn ;
- des représentants de la Cour de cassation, comme Claire Faivre, André Potocki et Frédéric Jenny ;
- la star du notariat Hubert Wargny,
- le commissaire aux comptes, Didier Kling,
- le directeur de la Caisse des dépôts, Augustin de Romanet.
Sans oublier des représentants de grandes entreprises :
- Pierre Godé, l'un des bras droit de Bernard Arnault chez LVMH ;
- Antoine Frérot, directeur de Veolia Environnement ;
- Jean-François Villemin, secrétaire général de Bouygues.
Le club dément être le lobby des entreprises, des avocats ou des
magistrats. Néanmoins, il a contribué à faire évoluer le gouvernement
sur certains sujets.
via www.rue89.com
Sa première présidente en titre, au moment de sa création mi-2007, n'était autre que Christine Lagarde. L'ancienne patronne du cabinet d'avocats américains Baker