Brigitte Barèges : la méthode «Droite Populaire» à Montauban | Mediapart

A l'assemblée, Brigitte Barèges co-signe régulièrement des propositions de loi émanant de l'aile droite de l'UMP (voir sa fiche de députée): celle de Christian Vanneste réclamant la déchéance de la nationalité pour les criminels, celle de Chantal Brunel visant à réprimer les situations de polygamie, celle d'Yves Nicolin souhaitant rendre obligatoire la castration chimique pour les coupables d'agressions sexuelles sur mineur de quinze ans, celle de Thierry Mariani visant à établir la reconnaissance par la France des souffrances subies par les citoyens français d'Algérie, ou encore celle de Lionnel Luca visant à la mise en place d'un service à la Nation pour les jeunes Français. L'un de ses cheval de bataille: la lutte contre les mariages blancs. Une croisade qu'il l'a amenée à commettre la semaine dernière une faute passible de poursuites judiciaires.

Soupçonnant un mariage blanc entre une Française et un Marocain, la maire de Montauban a ainsi réalisé une audition du couple (ce que la loi lui permet) et alerté le procureur en signalant des incohérences dans les versions des conditions de leur rencontre et en invoquant le statut irrégulier du futur époux. Le procureur ne constate aucune anormalité et donne son feu vert au mariage le 19 mai. «Le compte-rendu de la mairie était mensonger. C'est une affaire hallucinante», rapporte à Mediapart une source du Syndicat de la Magistrature. «Le futur marié était en situation régulière depuis mars, son arrêté de reconduite à la frontière ayant été annulé».

Deux jours plus tard, Brigitte Barèges invoque «des éléments nouveaux» et décide unilatéralement de ne pas célébrer le mariage. Une décision en violation de l'avis du procureur qui constitue une "voie de fait" et qui devrait la mener devant le tribunal administratif. Plus grave: les futurs mariés, n'ayant pas été avertis, sont arrivés à la mairie le samedi pour le mariage. L'épouse dit se sentir «humiliée». Réponse de l'officier d'Etat civil: «C'est comme ça quand on se met avec un arabe». Le soir, elle fera une tentative de suicide qui la conduira à l'hôpital.

Politique sécuritaire, chasse à l'assistanat: dans son fief de Montauban, Brigitte Barèges propose un cocktail explosif mêlant les idées de la Droite Populaire à celles de la Droite sociale de Laurent Wauquiez. «Elle épouse tout ce qui est à la mode! Un jour on la voit avec la Droite populaire, un jour elle s'affiche avec la Droite Sociale», ironise Claude Mouchard, leader de l'opposition socialiste à Montauban et conseiller général.

«Localement, elle essaye de passer la main dans le dos du Front national», estime-t-il. C'est d'ailleurs en surfant sur l'insécurité et en profitant de l'embrasement d'un quartier sensible de la ville, en 2001, qu'elle a pris la ville aux socialistes, au pouvoir depuis 36 ans. A l'époque, l'Express la décrit, dans son dossier sur le «système Barèges» comme une maire aux «méthodes d'un bon petit soldat de Nicolas Sarkozy». En 2008, sa victoire à quelques voix près a été vivement contestée. «Brigitte Barèges est élue aprés que Claude Mouchard a été déclaré vainqueur…», ironisait en titre la Dépêche du Midi.

Ancien adjoint en charge de la police municipale et bras droit de Brigitte Barèges, Pierre Poma a claqué la porte en 200

via www.mediapart.fr

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