Hoang-Ngoc rappelle que les quelques centaines de millions d'euros attendus pour cette mesure symbolique ne pèsent rien face aux 37 milliards par an que coûtent les niches fiscales, comme la "super niche" Copé. Il rappelle que, grâce à "l'optimisation fiscale", c'est-à-dire l'utilisation maximum des niches, le taux réel d'imposition de Liliane Bettencourt n'est que de… 14%. "Depuis dix ans, la politique fiscale de la droite a lamentablement échoué", assène-t-il. Il souligne aussi que la baisse de la TVA sur la restauration coûte la bagatelle de 2,5 à 3 milliards d'euros par an, pour une efficacité toute relative…
Best, lui, démonte la rhétorique gouvernementale (pleine de "niches" et de "rabots", mots déjà bien analysés par Anne-Sophie) , qui affirme que "83 % du plan concerne les riches et les entreprises". Il souligne que les mesures qui vont taxer un peu plus l'épargne touchent une bonne partie de la population, notamment parce qu'il y "20 millions de contrats d'assurance-vie en France" : "Si seuls les riches avaient un contrat d'assurance-vie, ça se saurait !" Il détaille ensuite un point passé totalement inaperçu du plan, qui consiste à relever les impôts pour les salariés : l'abattement sur le paiement de la CSG, jusqu'ici de 3% pour tous les salariés, va baisser à 2 % ! Voilà "600 millions d'euros piqués aux salariés", constate le journaliste économique. En fait, c'est 550 millions, comme nous l'expliquons en détail ici. (acte 2)
Tournons-nous vers les Etats-Unis. L'appel de Warren Buffett, nettement moins ambigü que celui de Lévy en France, n'a pas fait que des heureux. Pour les ultra-conservateurs de la chaîne Fox News, ce milliardaire qui se dit de gauche fait office d'épouvantail, voire de diable. Ce qu'a très efficacement démontré, avec sa dose habituelle d'humour grinçant, l'humoriste Jon Stewart, dans son Daily show. Mais au-delà de l'humour explosif, Daniel s'interroge : pourquoi n'y a-t-il pas de Buffett français ? Un milliardaire et homme d'affaires reconnu, marqué à gauche et qui ne se gêne pas pour peser sur l'opinion publique de tout son poids dans un tel débat économique ? Les réponses de nos invités sont complémentaires : pour l'économiste, c'est parce que les self-made men à l'américaine n'existent presque pas en France, où les plus riches sont souvent des héritiers et des rentiers (il oublie tout de même les fortunes du net comme Xavier Niel, de Free, ou Pierre-Antoine Granjon, de Vente-privée.com). Le journaliste, lui, préfère souligner qu'en France, les inégalités ne se sont pas encore autant creusées que de l'autre côté de l'Atlantique.
Liêm Hoang-Ngoc regrette ensuite en termes vifs la façon dont s'est engagée la campagne pour la présidentielle, notamment au PS. Face au débat sur la "règle d'or", etau retour aux 3% de déficit en 2013, défendus notamment par François Hollande et Martine Aubry, il tacle, en gardant le sourire : "Aucun économiste sérieux ne vous dira ça !" Il dénonce un "bricolage" intellectuel, plaide pour une politique d'investissements. Il refuse que le PS reste "tétanisé devant les agences de notation" et appelle donc à la création d'une "Cour des comptes européenne" pour enfin "se passer de leur jugement". (acte 3)
Après ce passage presque consensuel, nos deux invités vont s'affronter sur les rapports compliqués des socialistes avec la presse économique. Ivan Best tient à souligner "l'hypocrisie extraordinaire" du parti sur ces thèmes : "Le PS est tétanisé par la question de la réforme fiscale. Jamais François Hollande ne pr
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